L'histoire

De quelle nationalité était « Egbert Van Kampen » ?

De quelle nationalité était « Egbert Van Kampen » ?


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Si vous recherchez un peu sur Google le mathématicien Egbert Van Kampen, presque toutes les sources que vous trouverez affirment qu'il est né en Belgique en 1908.

Quelqu'un a-t-il des sources fiables sur la nationalité de cette personne ? En particulier, je suis curieux de savoir s'il est possible que cette personne n'ait pas acquis la nationalité belge de naissance.


Comme on peut le déduire des informations fournies dans Un mathématicien oublié, il était néerlandais, confirmant l'affirmation de Wikipédia.

D'après 1,

Egbertus Rudolf van Kampen, dit Egbert, est né le 28 mai 1908 à Berchem, le plus jeune d'une famille de trois enfants. Les parents d'Egbert avaient quitté les Pays-Bas pour la Belgique quelques années auparavant, lorsque son père est devenu comptable à l'usine automobile Minerva à Anvers.

L'histoire de la loi belge sur la nationalité est discutée en détail dans

Marie-Claire Foblets, Zeynep Yanasmayan, Patrick Wautelet, EUDO Citizenship Observatory : Country Report : Belgium.

Pour résumer, jusqu'en 1909, les règles de citoyenneté belge étaient calquées sur celles de la France :

(1) La nationalité est accordée à la naissance selon le principe du jus sanguinis paterni : un enfant de père français a la nationalité française, même s'il est né à l'étranger (art. 10 Code civil). Ce mode d'acquisition a été légitimé par la conviction nationaliste que la citoyenneté ne peut pas simplement résulter d'une naissance accidentelle sur un certain territoire, mais doit être considérée comme l'héritage d'un peuple, qui est composé d'individus qui forment ensemble une nation souveraine ( Verwilghen 1985 : 18 ; Closet 1984 : 782).

(2) Si un étranger est né en France, il peut néanmoins opter volontairement pour la nationalité française en faisant une déclaration de domiciliation dans un délai d'un an après avoir atteint l'âge de 22 ans (art. 9 Code civil). La théorie de Jean-Jacques Rousseau a été mise en pratique au moyen de cette politique. Selon Rousseau, l'acquisition de la citoyenneté constitue un contrat auquel un individu peut volontairement choisir d'adhérer.

(3) Le principe « une famille, une citoyenneté » a également été souligné (art. 12 et 19 du Code civil). Jusqu'en 1985, la législation belge est restée largement fondée sur ce principe : une femme mariée prenait la nationalité de son mari, de même que les enfants nés dans le mariage. La perte et la réacquisition de la nationalité française étaient régies par les art. 17 et 20 du Code civil.

La loi de 1909 abroge ainsi les dispositions du Code civil relatives à la citoyenneté et de certaines lois particulières10, et introduit un tout nouvel ensemble de règles. Cette loi était libérale au moment de sa promulgation, car elle prévoyait l'application du principe du ius soli à côté du ius sanguinis. Plus précisément, la nationalité était également accordée à tout enfant né en Belgique de parents à statut indéterminé et à toute personne ayant 23 ans, ayant vécu en Belgique au cours de sa 22e année et n'ayant pas manifesté le désir de conserver sa nationalité étrangère, à condition que soit la personne est née en Belgique et était domiciliée en Belgique depuis au moins 6 ans ou la personne est née en Belgique de parents étrangers, dont au moins un est également né en Belgique ou y a résidé de façon continue pendant dix ans.

Ainsi, au départ, Egbert Van Kampen n'avait pas la nationalité belge. Mais il n'a pas non plus obtenu le diplôme après les lois de 1909, puisque sa famille est retournée en Hollande pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918 : la Hollande était neutre) et, par la suite, Egbert Van Kampen est allé à Göttingen pour étudier, puis à Hambourg pour travailler et, finalement, a déménagé aux États-Unis (1931), à l'Université Johns Hopkins.

Pour résumer : Van Kampen ne pouvait pas avoir la nationalité belge.

En ce qui concerne les lois néerlandaises sur la citoyenneté : l'histoire est longue et complexe (puisque le pays est beaucoup plus ancien que la Belgique), voir cet article Wikipédia :

Néanmoins, la nouvelle loi sur la nationalité de 1850 n'a pas remplacé le code civil de 1838 et cela a conduit à son tour à la création d'une double nationalité ; nationalité politique telle qu'énoncée en 1850, et nationalité civile du code civil de 1838. Les incertitudes ont été éliminées en 1892 avec la mise en œuvre de la loi sur la nationalité qui a remplacé les lois sur la nationalité de 1838 et 1850. La nouvelle loi était basée sur le système allemand de jus sanguinis et excluait toute mention préalable du principe de jus soli. La nouvelle loi néerlandaise sur la nationalité a survécu jusqu'aux amendements de 1985.

Ainsi, (compte tenu de la jus sanguinis système) Van Kampen, en tant qu'enfant de parents néerlandais (ses deux parents, Laurens van Kampen et Johanna Maria Schiltmeijer sont nés aux Pays-Bas, voir ici), était automatiquement néerlandais de naissance.

Vous pouvez trouver des informations détaillées sur la vie et le travail de Van Kampen dans l'article

1 Robbert Fokkink, Un mathématicien oublié, Newsletter de la Société mathématique européenne, 2004, numéro 52, pp. 9-13.

Pour son article (détails sur la jeunesse de Van Kampen), Fokkink a interviewé les proches de Van Kampen ainsi que des responsables locaux : Mark de Bock d'Anvers et Albert Schiltmeijer d'Amsterdam.

Enfin : Van Kampen a vécu aux États-Unis pendant environ 10 ans (1931-1942, il est mort très jeune), donc, selon les lois de naturalisation américaines de l'époque, il aurait obtenu la nationalité américaine dès 1936. ne sais pas s'il est devenu un citoyen américain.


Voir la vidéo: Van Kampen (Juin 2022).